Partie V : Guerre contre les skavens : Folie
Le vent soufflait sur la cité de Tlanxla. Il s'infiltrait dans les temples où l'on préparait les dépouilles des hommes lézards morts pendant la bataille. Les skinks enroulaient les corps dans des feuilles de palmiers et une décoction à base de venin de crapaud était versée dessus. Elle servait à éloigner les insectes avides des chairs des corps qui étaient enfouis sous la pyramide de leur dieu tutélaire.
Dans la cité régnait un silence troublé seulement par les cris stridents des oiseaux. Même l'arrivée du prêtre mage Slann Adohi Tehga se fit sans un bruit. L'astre de Chotec venait d'apparaître à l'horizon et la lumière qu'il émettait avait quelque chose de spécial. Les emblèmes avaient été retirés, tous, pour simplement honorer la profonde tristesse dans laquelle était plongée Tehemundi.
Depuis maintenant deux cycles lunaires, il s'était enfermé dans une des chambres funéraires du temple d'Itzl où il préparait son défunt compagnon à la cérémonie de funérailles. Il avait tenu à le faire lui-même. Depuis ces deux cycles lunaires, il se remémorait tous les moments passés ensemble et toutes les batailles gagnées ou perdues où ils avaient combattu. Cela faisait plus de cinq cents ans qu'ils vivaient ensemble. Chacun avait versé de son sang plus d'une fois pour sauver l'autre. Cette tristesse venait du fait que son esprit en mûrissant n'avait pas appris que le doute mais aussi certains sentiments réservés aux humains, aux elfes, aux nains. C'était là le danger pour un saurus lorsqu'il vieillissait, sa perception des questions tactiques étaient accrues, sa dextérité au combat également mais aussi la compréhension du monde. Beaucoup de grands généraux sauriens étaient devenus fous, tellement leur esprit avait été en proie au doute.
Tehemundi pouvait le devenir lui-même s'il ne se reprenait pas. Pour l'instant, il enroulait son défunt compagnon de feuilles de palmiers. Il prenait son temps. Tiens, là une ancienne cicatrice. Il se souvenait l'avoir soigné. C'était lors de l'attaque des skavens à Chaqua. Il y avait été envoyé pour aider les osts de cette cité. Il était arrivé deux jours avant l'attaque. A chaque nouvelle cicatrice des évènements lui revenait en tête. Ici, il y en avait une série de petites. Sûrement la massue d'un rat ogre. Là, c'était la morsure d'un chef de guerre. Ainsi de cicatrice en cicatrice, il en arriva jusqu'à la dernière. Tehemundi arrêta sa main sur le ventre. Il tomba alors par terre, la tête entre ses mains, pris dans les souvenirs atroces de la bataille dans cette cité même. Il en appela à Tlazcotl pour l'aider à se libérer de ses visions du passé. Il commença à crier, à hurler si fort que dans toute la cité l'on entendit ce cri de désespoir. Tehemundi sombrait dans la folie. Il ne s'en rendait pas bien compte encore. Il commença à entendre des voix dans sa tête. Des voix perfides, mesquines.
_ « Rejoins nous, viens avec nous dans les ténèbres...rejoins nous, viens, nous t'accueillerons. Nous te guiderons, nous t'enseignerons le vrai pouvoir, le contrôle des esprits faibles...rejoins nous !
_D'où viennent ces voix ?
_Tu nous as créé par ton désir.
_Je deviens fou. Les Anciens m'ont abandonné.
_Les Anciens n'ont jamais existé. Nous sommes les vrais dieux. Les quatre originels. Nous sommes le sang, nous sommes la magie, nous sommes la beauté et nous sommes la maladie. Nous sommes tout. Nous contrôlons tout.
_Ce n'est pas vrai. Il y a un peu moins d'un siècle Sotek nous est apparu, à nous hommes lézards.
_Non, ceci n'était qu'un objet céleste que nous avions envoyé. »
Alors que le doute commençait à prendre possession de Tehemundi plusieurs voix irréelles se firent entendre.
_Serviteur des Anciens, ne les écoute pas. Ces voix ne sont autres que celles des divinités dont tu as combattu les hordes il y a plus de six millénaires. T'en rappelles-tu ?
_Qui est-ce ?
_T'en rappelles-tu, où faut-il que je te le montre, dit la voix avec une teinte de colère.
_Qui êtes vous ?
_ Regarde ces visages ! Te rappelles-tu de leur nom ? »
Alors apparu dans la tête de Tehemundi les visages de ses « frères » morts pour la défense de Xhotl.
« _Oui, je les reconnais. Mais alors vous êtes...
_Oui... Maintenant va honorer ton compagnon le c½ur et l'esprit purifiés et n'écoute plus ses voix malhonnêtes. »
Alors Tehemundi se réveilla, sur un lit de pierre. A ses côtés, un médecin skink le surveillait. Il se leva difficilement et demanda au skink depuis quand était-il endormi.
« _Mon Général, cela fait maintenant deux jours que vous êtes sur ce lit. Nous n'attendions plus que vous pour les cérémonies.
_Nous ?
_Oui, votre armée vous attend pour les funérailles. »
Tehemundi revêtit alors une cape blanche et rabattit la capuche sur sa tête. C'était l'habit que tous les hommes lézards portaient lors de funérailles de héros. Il sortit de la chambre puis alla vers la sortie du temple. Il s'aperçu qu'il n'était plus dans celui d'Itzl mais dans celui des Anciens réunis. Il sus alors pourquoi les voix de ceux-ci étaient apparues.
Le vent soufflait sur la cité de Tlanxla. Il s'infiltrait dans les temples où l'on préparait les dépouilles des hommes lézards morts pendant la bataille. Les skinks enroulaient les corps dans des feuilles de palmiers et une décoction à base de venin de crapaud était versée dessus. Elle servait à éloigner les insectes avides des chairs des corps qui étaient enfouis sous la pyramide de leur dieu tutélaire.
Dans la cité régnait un silence troublé seulement par les cris stridents des oiseaux. Même l'arrivée du prêtre mage Slann Adohi Tehga se fit sans un bruit. L'astre de Chotec venait d'apparaître à l'horizon et la lumière qu'il émettait avait quelque chose de spécial. Les emblèmes avaient été retirés, tous, pour simplement honorer la profonde tristesse dans laquelle était plongée Tehemundi.
Depuis maintenant deux cycles lunaires, il s'était enfermé dans une des chambres funéraires du temple d'Itzl où il préparait son défunt compagnon à la cérémonie de funérailles. Il avait tenu à le faire lui-même. Depuis ces deux cycles lunaires, il se remémorait tous les moments passés ensemble et toutes les batailles gagnées ou perdues où ils avaient combattu. Cela faisait plus de cinq cents ans qu'ils vivaient ensemble. Chacun avait versé de son sang plus d'une fois pour sauver l'autre. Cette tristesse venait du fait que son esprit en mûrissant n'avait pas appris que le doute mais aussi certains sentiments réservés aux humains, aux elfes, aux nains. C'était là le danger pour un saurus lorsqu'il vieillissait, sa perception des questions tactiques étaient accrues, sa dextérité au combat également mais aussi la compréhension du monde. Beaucoup de grands généraux sauriens étaient devenus fous, tellement leur esprit avait été en proie au doute.
Tehemundi pouvait le devenir lui-même s'il ne se reprenait pas. Pour l'instant, il enroulait son défunt compagnon de feuilles de palmiers. Il prenait son temps. Tiens, là une ancienne cicatrice. Il se souvenait l'avoir soigné. C'était lors de l'attaque des skavens à Chaqua. Il y avait été envoyé pour aider les osts de cette cité. Il était arrivé deux jours avant l'attaque. A chaque nouvelle cicatrice des évènements lui revenait en tête. Ici, il y en avait une série de petites. Sûrement la massue d'un rat ogre. Là, c'était la morsure d'un chef de guerre. Ainsi de cicatrice en cicatrice, il en arriva jusqu'à la dernière. Tehemundi arrêta sa main sur le ventre. Il tomba alors par terre, la tête entre ses mains, pris dans les souvenirs atroces de la bataille dans cette cité même. Il en appela à Tlazcotl pour l'aider à se libérer de ses visions du passé. Il commença à crier, à hurler si fort que dans toute la cité l'on entendit ce cri de désespoir. Tehemundi sombrait dans la folie. Il ne s'en rendait pas bien compte encore. Il commença à entendre des voix dans sa tête. Des voix perfides, mesquines.
_ « Rejoins nous, viens avec nous dans les ténèbres...rejoins nous, viens, nous t'accueillerons. Nous te guiderons, nous t'enseignerons le vrai pouvoir, le contrôle des esprits faibles...rejoins nous !
_D'où viennent ces voix ?
_Tu nous as créé par ton désir.
_Je deviens fou. Les Anciens m'ont abandonné.
_Les Anciens n'ont jamais existé. Nous sommes les vrais dieux. Les quatre originels. Nous sommes le sang, nous sommes la magie, nous sommes la beauté et nous sommes la maladie. Nous sommes tout. Nous contrôlons tout.
_Ce n'est pas vrai. Il y a un peu moins d'un siècle Sotek nous est apparu, à nous hommes lézards.
_Non, ceci n'était qu'un objet céleste que nous avions envoyé. »
Alors que le doute commençait à prendre possession de Tehemundi plusieurs voix irréelles se firent entendre.
_Serviteur des Anciens, ne les écoute pas. Ces voix ne sont autres que celles des divinités dont tu as combattu les hordes il y a plus de six millénaires. T'en rappelles-tu ?
_Qui est-ce ?
_T'en rappelles-tu, où faut-il que je te le montre, dit la voix avec une teinte de colère.
_Qui êtes vous ?
_ Regarde ces visages ! Te rappelles-tu de leur nom ? »
Alors apparu dans la tête de Tehemundi les visages de ses « frères » morts pour la défense de Xhotl.
« _Oui, je les reconnais. Mais alors vous êtes...
_Oui... Maintenant va honorer ton compagnon le c½ur et l'esprit purifiés et n'écoute plus ses voix malhonnêtes. »
Alors Tehemundi se réveilla, sur un lit de pierre. A ses côtés, un médecin skink le surveillait. Il se leva difficilement et demanda au skink depuis quand était-il endormi.
« _Mon Général, cela fait maintenant deux jours que vous êtes sur ce lit. Nous n'attendions plus que vous pour les cérémonies.
_Nous ?
_Oui, votre armée vous attend pour les funérailles. »
Tehemundi revêtit alors une cape blanche et rabattit la capuche sur sa tête. C'était l'habit que tous les hommes lézards portaient lors de funérailles de héros. Il sortit de la chambre puis alla vers la sortie du temple. Il s'aperçu qu'il n'était plus dans celui d'Itzl mais dans celui des Anciens réunis. Il sus alors pourquoi les voix de ceux-ci étaient apparues.



